Le football américain présente des caractéristiques très particulières qui lui confèrent ce charme si prononcé qu’éprouvent les américains. Même s’il n’est pas aussi populaire outre-atlantique, il se développe de plus en plus, notamment en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas ou en Angleterre.

Malheureusement, ce sport reste méconnu aux yeux des Français, éclipsé par des sports populaires comme le football ou le rugby. Lorsque le terme “football américain” arrive aux oreilles d’une personne non initiée aux règles de ce noble sport, cette dernière va émettre en général trois idées reçues qui sont les suivantes : le football américain est un sport de brutes épaisses qui ne pensent qu’à se rentrer dedans, c’est un sport lent, haché, discontinu et qui est extrêmement dur à comprendre et pratiquer.

Capture d’écran 2017-06-21 à 14.27.01

Il paraît normal que certaines personnes qui ne baignent pas dans ce sport en général sont amenées à penser que le football américain se résume uniquement à des contacts et de l’avancée pour aller marquer dans l’en-but adverse.

Cependant, il est beaucoup plus technique qu’il n’y paraît. Une grande intelligence sportive est nécessaire à la bonne pratique du football américain. Comme le disait le romancier français Maxime Chattam dans son essai “Mon pain, mes jeux” : “Des stratèges, les coaches, s’affrontent dans une immense partie d’échecs, en temps réel, à la différence que les pièces, les joueurs donc, sont chacune dotées de capacités propres et qu’au moment d’appliquer le mouvement qui leur est commandé, elles doivent s’ajuster à l’adversaire, avec leurs qualités et leurs défauts, et trouver une faille, se sublimer. Et cela sur le temps d’un match entier.” Et c’est exactement ce que représente l’essence même du football américain.

Ce n’est pas qu’un sport de contact où les collisions sont extrêmement puissantes. C’est un jeu tactique où chaque équipe doit faire preuve d’ingéniosité pour faire déjouer la stratégie de l’équipe adverse, tout en s’adaptant à cette dernière pour mettre en place son propre schéma de jeu. Chaque joueur a un poste qui lui est dédié, et doit répondre au système de jeu qu’a proposé le coach de l’équipe.

Maxime Chattam va plus loin en disant ceci : “Imaginez donc jouer aux échecs et qu’à chaque déplacement que vous tentez, les pièces se cherchent, se rentrent dedans dans le fracas de leur puissance, et que votre stratégie entière en soit bousculée parce que votre tour ne s’est pas passé comme prévu”. Cette seconde formule est légèrement plus explicite que la première. Elle montre l’abnégation dont doivent faire preuve les entraîneurs ou joueurs pour arriver à gagner la partie. Rien n’est joué d’avance. Le football américain nécessite une perpétuelle remise en question sur les techniques utilisées précédemment, sur celles qu’on va appliquer par la suite, afin de définir celle qui aurait le plus de chance de fonctionner. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas l’équipe qui a le plus de muscles ou de puissance qui gagne. C’est celle qui s’aura allier savamment la tactique, la technique, la puissance et le mental.

De plus, les équipements sont gage de l’intégrité des joueurs, ce qui leur permet de limiter les chocs. Comme dans tout sport, il existe bien évidemment des risques de blessures. Au football américain, ils sont appréhendés et limités par la préparation physique des athlètes, leur équipement et le règlement dont la raison d’être est avant tout de préserver l’intégrité physique des joueurs.

Ensuite, certaines personnes considèrent que le football américain est un sport qui demeure lent et discontinu, voire haché. Contrairement à un match de football classique, de rugby, de basket ou de handball, on peut effectivement dire qu’un match de football américain dure plus longtemps, la faute à de nombreux temps-morts qui viennent allonger la durée totale de la partie.

Cependant, ces temps-morts sont nécessaires puisqu’ils permettent aux deux équipes de mettre en place leurs stratégies respectives pour le jeu suivant. Sans ces arrêts de jeu, les combinaisons seraient inefficaces et la partie serait un vrai brouillon.

Bien sûr, on peut dire que ces derniers coupent la dynamique du match et le spectacle perd un peu en intensité. Certes. Mais quel sport peut se targuer d’avoir un temps de jeu effectif sans la moindre pause ? Quasiment aucun. À priori, certains sports comme le handball, le football classique et le basketball se jouent sans trop d’arrêts de jeu, mais peuvent t’ils dire que chaque joueur joue à 100 % de ses capacités durant tout le match ?  Non. Au Football américain chaque action de jeu est jouée à fond, à 100 % du début à la fin. C’est aussi de ce là que vient le côté spectaculaire de la discipline.

Cependant, il existe d’autres sports comme le tennis ou le baseball où le temps de jeu effectif sur une action est relativement court. Mais pourtant ces deux sports ne semblent pas subir autant de critiques que le football américain à ce niveau-là.

Il n’empêche qu’avec environ 120 temps de jeux sur la durée totale de la partie, le football américain apporte une profondeur de jeu beaucoup plus importante que d’autres sports plus populaires. Car même si on met de côté l’aspect dynamique et continu du jeu, on y trouve bien d’autres caractéristiques propres à n’importe quel autre sport de haut niveau telles que la spontanéité et l’instantanéité des actions, l’explosivité des joueurs, le côté spectaculaire et imprévisible du jeu en général, le suspense avant chaque action, et bien sûr l’adrénaline et toutes les autres émotions que nous procure le football américain. En bref, c’est un incroyable vecteur d’émotions.

Enfin, on parle souvent d’un dernier cliché qui touche notre sport bien aimé : il serait extrêmement compliqué à comprendre et à pratiquer. Au premier abord, le football américain peut paraître compliqué comme tout sport dont on ne connait pas les règles. La réalité est tout autre, le principe du jeu est extrêmement simple. Un jeu de gagne terrain entre deux équipes de 11 joueurs qui consiste à porter la balle dans l’en-but adverse pour marquer des points. Néanmoins, certaines subtilités peuvent paraître compliquée. Mais elles n’affectent en rien la compréhension du jeu ni le spectacle qu’est un match.

Si on prend le temps de s’y intéresser un minimum, comprendre ce sport est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît. En témoigne la présence de joueurs de plus en plus jeunes aux Centaures. En effet, la pratique du football américain peut se faire dès 6 ans. Si une activité sportive peut être facilement compréhensible auprès de jeunes personnes, c’est qu’il n’est pas si compliqué qu’il n’y paraît.

Si une personne n’a jamais été familiarisée avec le football américain et qu’elle ne connaît aucune règle, il paraît judicieux de lui expliquer deux trois règles standard afin qu’elle puisse comprendre le but du jeu. Pour les règles un peu moins “basiques”, il serait préférable d’assister à un match ou d’en regarder un pour approfondir davantage ses connaissances à ce sujet.

Toutefois, s’il y a bien une chose qui est propre au football américain, c’est qu’il est praticable à n’importe quel âge, pour n’importe quel motif et par n’importe qui.